HABITER ou être

HABITER ou être

Je vous présente ici un projet photographique à travers du portrait questionnant l'être et toute sa complexité.

J'ai eu envie de me rapprocher encore un peu plus de l'humain en réalisant des portraits sur le thème "Habiter/être habité" où je questionne l'être entier et complet. En accompagnement des photos portraits, j'ai ressenti le besoin d'écrire des "lettres habitées" afin de m'exprimer un peu plus sur le sujet et d'exposer poétiquement mes différents points de vues sur l'être.

Lettre habitée N°1 :

L'hiver me fait penser aux formes, l'arbre mis à nu nous révèle toute sa force et sa splendeur, le corps dévoilé. Dans une belle après-midi de fin d'hiver, je me suis laissée habiter près de cet arbre. En fière imitation, le corps arboré, visage à moitié exposé, la lumière semblait nourrir mon être et dessiner mon portrait. Honneur aux lignes et à la matière, l'âme enveloppée, je suis.

Lettre habitée N°2 :

Tourne la tête et regarde moi pour que je vois ton vrai visage. Double face poétique, l'ombre en époux de la lumière. Regarde-la, au profil démasqué, embrasser le coin de ton œil. Tableau harmonieux, voilà une beauté de l'être... Habité par une face lumière et une face ombre, l'une ne peut vivre sans l'autre.

Lettre habitée N°3 :

Habité par plusieurs facettes, l'Homme n'exprime que ce qui l'arrange et que ce qui est confortable pour lui et autrui. Lâche prise un instant sur le regard d'une société aux convenances et aux régularités peu permissive. Qui que tu sois, tu es. Ici, là et à cet instant, laisse toi traverser plusieurs états, utilise tes sens et ressens... Peut-être est-ce ici l'image d'une sensation, l'image d'un son qui te traverse, une habitation plus subtile de l'être. Que ta biologie soit homme ou femme, honneur à la sensibilité et à son expression.

Lettre habitée N°4 :

Le regard tournée vers ses mains comme une discussion, elles lui racontent un peu plus sur son être. C'est qu'il y a bien plus à dire... Les mains ont la facilité d'exprimer tant de points de vue, d'aspects et de textures. C'est un langage subtil que la parole ne peut réellement imiter. De notre corps humain, je crois qu'il n'y a rien d'autre de plus sensible qu'une main. Et il y a tant de choses à dire sur les mains...

Lettre habitée N°5 :

Le mystère m'habite, je laisse parfois l'ombre me traverser et me façonner. Je suis à sa merci, le regard disparu et le visage peint, aspiré par le fond noir. Surprise par le soleil, il m'embrasse et dévoile une partie coloré de mon être. Ou peut-être est-ce moi qui habite le mystère... Je me façonne de lui, je joue avec les ombres. Le regard noir aventureux, je vois sans être vu. Décidé à peindre mon visage comme bon me semble, dans l'obscurité je respire et j'embrasse le soleil, exposant une fine parcelle de mon être : la couleur.

Lettre habitée N°6 :

Parfois on a juste envie de se planter là, sous un arbre, à se laisser traverser par la douceur des rayons du soleil et à arborer la splendeur de la nature. Parfois on se laisse à dorer, pour un instant adoré. Qu'il y a t-il à habiter de plus que la beauté et la sérénité ici... L'âme a besoin d'être nourri pour que le corps se sente et que l'esprit habite.

Lettre habitée N°7 :

Au milieu de ces sombres blocs, je sors les crocs, je jailli de terre avec défiance. Parfois s'élever se mène comme une bataille qui fait rage entre nos ombres en échos sur le béton. Oser la puissance de notre être et habiter sa grandeur, c'est une traversée en eaux troubles, on y arrive avec force et courage.

Lettre habitée N°8 :

C'est le regard musclé que je brandis le poing. C'est sous mes traits plissés, que j'ai le caractère béton blindé. C'est l'habitation étanche que je suis. Point.

Lettre habitée N°9 :

Habillée par la beauté de la nature, vernis cerise au bout des doigts. Prendre une pause, respirer. Pensées au vert, la nature de l'être en réflexion. C'est comme un luxe de s'octroyer ce temps pour soi, pour habiter doucement, sentir et se sentir. Une douce heure pour l'être.

Lettre habitée N°10 :

Enivrée par la beauté éclatante du lieu, je n'ai envie que d'habiter la beauté et de laisser couler in-vivo les flots inextricables du cosmos. La vie ruisselante dans la peau, les gouttelettes en vibrations me font sentir aussi grande que petite. Un état d'être dans l'élévation, un tour d'horizon.

Lettre habitée N°11 :

Déclics par des claques. Apprendre à nager parmi les vagues. Au fond du tunnel, la lumière en point de mire. Habiter pleinement demande une connaissance de soi. Parfois pour se sentir entier il nous faut traverser les méandres de nos vies, de notre âme, de nos pensées capricieuses. Un voyage pour être, un rite de passage à "je suis".

Lettre habitée N°12 :

Elancée dans une mêlée de délices, emportée par la vivacité, je m'exalte de la pureté des pigments. Je fais corps et texture, aplat de peinture, plaisirs des sens sur un mur au caractère allègre. Fenêtre sur les couleurs de l'être, vives et primaires, pour habiter simplement tel un souffle.

"Danse, je te vois" un projet photographique autour de la danse urbaine et contemporaine.